travail des enfants

Malgré les progrès observés dans la lutte contre le travail des enfants, l’OIT et l’UNICEF indiquent que des millions d’enfants sont toujours obligés de travailler. Cette situation, qui met en péril l’éducation des enfants, leur santé et leur développement, est la résultante de la pauvreté croissante à certains endroits dans le monde. Et à ce rythme, l’objectif fixé par ces organisations d’éliminer totalement le travail des enfants d’ici à 2025 ne sera pas atteint.

Le nombre d’enfants obligés de travailler est passé de 246 millions en 2000 à 138 millions en 2024, soit une baisse de près de 50 %. Malgré ce progrès significatif enregistré lors de ces vingt dernières années, le bilan reste mitigé en ce qui concerne la lutte contre le travail des enfants. En 2024, près de 54 millions d’enfants ont effectué des travaux dangereux, susceptibles de nuire à leur santé, à leur sécurité ou à leur développement, selon un rapport conjoint de l’Organisation internationale du travail (OIT) et de l’UNICEF publié le 11 juin 2025.

Même si le nombre d’enfants travailleurs a diminué de 20 millions ces quatre dernières années, des progrès restent à faire pour atteindre le palier de suppression définitive du travail des enfants. « Les conclusions de notre rapport sont porteuses d’espoir en ce qu’elles montrent que des progrès sont possibles. La place des enfants est à l’école, et non au travail (…) », a déclaré Gilbert F. Houngbo, directeur général de l’OIT.

Ce rapport, publié à la veille de la Journée mondiale contre le travail des enfants et à l’occasion de la Journée internationale du jeu, met en lumière un paradoxe alarmant. Des millions d’enfants dans le monde sont privés de leur enfance, de leur droit de jouer, d’apprendre et de grandir au profit du travail.

« Un nombre bien trop élevé d’enfants continuent de travailler dans les mines, les usines ou les champs, où ils effectuent souvent des travaux dangereux pour survivre (…) », s’est indignée Catherine Russell, directrice générale de l’UNICEF.

La cause identifiée

L’extrême pauvreté à certains endroits dans le monde est la cause de ce fléau. Compte tenu du manque d’emploi ainsi que d’un salaire décent, certains parents sont obligés d’envoyer leurs enfants au travail par nécessité. Ceux-ci, pour participer aux revenus familiaux, travaillent dans les marchés, les exploitations agricoles ou à la maison. Une triste réalité bien aggravée par un accès limité à l’éducation, des filets de sécurité sociale insuffisants et un cycle de pauvreté qui se perpétue d’une génération à l’autre.

Les garçons restent les plus exposés au travail des enfants. Cependant, lorsque les tâches ménagères non rémunérées sont prises en compte (plus de 21 heures par semaine), les filles sont tout autant concernées. Les enfants contraints de travailler ne voient pas non seulement leur éducation compromise, bien au contraire, leurs droits violés, leurs possibilités pour l’avenir limitées, leur santé physique et mentale menacée.

L’Afrique subsaharienne, la plus touchée

Le rapport montre une inégalité dans la répartition géographique du fléau. Alors que l’Asie et le Pacifique ainsi que l’Amérique latine et dans les Caraïbes ont enregistré les baisses les plus significatives, la situation demeure préoccupante en Afrique subsaharienne. La prévalence du travail des enfants en Asie et dans le Pacifique est passée de 6 % à 3 % entre 2020 et 2024, soit de 49 à 28 millions d’enfants.

En Amérique latine et dans les Caraïbes, le nombre d’enfants travailleurs a légèrement baissé, passant de 8 à 7 millions. En revanche, près de 87 millions d’enfants en Afrique subsaharienne sont toujours concernés, soit près des deux tiers des cas mondiaux. Toutefois, une légère baisse (de 24 % à 22 %) a été enregistrée. La croissance démographique, les conflits, l’extrême pauvreté et la pression exercée sur les systèmes de protection sociale empêchent toute amélioration notable en Afrique subsaharienne.

« Il est impératif de soutenir les parents et de leur donner accès à des emplois décents afin qu’ils aient les moyens financiers de veiller à ce que leurs enfants puissent étudier », a rappelé Gilbert F. Houngbo.

Sonnette d’alarme

Face à cette situation mettant en cause le droit des enfants, l’OIT et l’UNICEF appellent les gouvernements à plus d’actions concrètes pour atténuer le fléau d’ici à 2030. Pour y parvenir, chaque État des pays concernés doit renforcer la protection sociale, notamment par des indemnités pour les enfants à charge, et améliorer les systèmes de protection de l’enfance, surtout pour les enfants confrontés aux pires formes de travail.

En ce qui concerne l’éducation, l’État doit être en mesure de garantir un accès universel à l’éducation des enfants, particulièrement dans les zones rurales et en crise. Tout ceci accompagné d’un travail décent pour les parents.

Les progrès sont significatifs, mais loin du résultat attendu par l’OIT et l’UNICEF. Il va falloir investir davantage pour maintenir et faire avancer le combat contre le travail des enfants dans le monde.

 

 

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