justice

Au Togo, 13 détenus politiques croupissent encore en prison,  malgré les décisions juridiques prononcées en leur faveur. L’Association des Victimes de la Torture au Togo (ASVITTO) dirigée par Kao Atcholi monte au créneau face à ce qu’elle qualifie de « prise d’otage » et interpelle les magistrats du pays.

Dans des lettres datées du 21 mai 2026 et adressées notamment à l’Union syndicale des magistrats du Togo (USYMAT), à l’Association nationale des magistrats (ANM) et à l’Association professionnelle des magistrats du Togo (APMT), l’organisation de défense des droits humains évoque une situation « particulièrement préoccupante pour l’État de droit ».

Selon l’ASVITTO, la Chambre d’instruction de la Cour d’appel de Lomé avait ordonné, le 18 février 2026, la mise en liberté provisoire des 13 détenus dans le cadre d’une procédure pénale en cours. Mais plus de trois mois après cette décision, les intéressés demeurent incarcérés.

« Une telle situation soulève de sérieuses inquiétudes », estime l’organisation, qui considère que la non-exécution d’une décision de justice « porte atteinte à l’autorité de la chose jugée » et « fragilise la crédibilité de l’institution judiciaire ».

Le président de l’ASVITTO, Kao Atcholi, estime également que ce maintien en détention pourrait constituer « une atteinte aux droits fondamentaux des personnes concernées, notamment le droit à la liberté individuelle et à la sûreté ».

L’organisation appelle les associations de magistrats à « se saisir de cette question » afin de garantir « le respect et l’exécution des décisions de justice rendues au nom du peuple togolais ».

Dans ses correspondances, l’ASVITTO déplore aussi ce qu’elle qualifie de « bafouement du pouvoir judiciaire du fait de l’influence exagérée de l’exécutif », dénonçant une perte de confiance des citoyens envers l’institution judiciaire.

L’organisation note par ailleurs la non-application de certaines décisions de la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), notamment des arrêts ordonnant la libération et l’indemnisation de citoyens victimes de violations de droits.

Tout en dénonçant cette situation, l’ASVITTO affirme rester ouverte à « toute explication d’ordre juridique ou procédural » susceptible d’éclairer l’opinion publique sur les raisons du maintien en détention des 13 prisonniers.

Notons que ces 13 détenus ont été interpellés  lors des tensions politiques intervenues en 2019.

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