Faure Gnassingbé
Faure Gnassingbé dans le nouveau rôle de président du Conseil des ministres, après 20 ans à la tête du Togo.

Le matin du 3 mai 2025, Faure Gnassingbé a été désigné président du Conseil, suivi l’après-midi par l’élection de Jean-Lucien Savi de Tové à la tête de la République togolaise. Ces deux désignations, dans le cadre de la nouvelle Constitution adoptée le 25 mars 2024, donnent place à la 5ᵉ République. Les mots prononcés ce jour ouvrent une nouvelle ère politique au Togo.

Le samedi 3 mai 2025 marque une étape importante dans l’histoire politique du Togo. Le pays connaît désormais la désignation du Président du Conseil des ministres à la personne de Faure Gnassingbé (Président du Togo depuis 20 ans) et du président de la République Jean-Lucien Savi de Tové (86 ans, ancien ministre), élus conformément à l’article 47 de la nouvelle constitution adoptée 25 mars 2024 et promulguée le 6 mai. Le Togo bascule dans la 5e République à laquelle consacre le régime parlementaire.

Prestations de serment du PCM et du PR

Désigné très tôt le 3 mai, Faure Gnassingbé, alors président du Conseil des ministres (PCM), a prêté serment quelque temps après devant la Cour constitutionnelle togolaise pour un mandat de 6 ans renouvelable. Il devient ainsi le premier président du Conseil des ministres du Togo détenant le pouvoir exécutif de la 5e république. Le nouveau PCM a basculé le Togo dans une nouvelle ère en ces mots. « Devant Dieu et devant le peuple togolais; seul détenteur de la souveraineté nationale. Nous Faure Essozimna Gnassingbé, président du Conseil désigné conformément aux lois de la République, jurons solennellement de respecter et de défendre la constitution que la République togolaise s’est librement donnée, de remplir loyalement et fidèlement notre mission de serviteur du peuple. De nous engager à consacrer toutes nos forces à la défense de la patrie, de son intégrité territoriale et à la préservation de nos valeurs fondamentales de solidarité, de respecter le respect des droits humains, de la paix et de l’unité nationale. De nous laisser guider que par l’intérêt général et le respect des droits de la personne humaine, de consacrer toutes nos forces à la promotion du développement, du bien commun, de la paix et de l’unité nationale », a-t-il affirmé.

En dernier, ce fut le tour du président de la République, Jean Lucien Savi de Tové, désigné au congrès réunissant les députés et les sénateurs, de prêter serment. « Devant Dieu et devant le peuple togolais, nous Jean Lucien Kossi Lagno Savi de Tové président de la République togolaise(…) jurons solennellement fidélité à la constitution de la République et nous engageons à consacrer nos efforts au bien-être du peuple togolais et de travailler à la consolidation de l’unité nationale », a-t-il déclaré.

Jean Lucien Savi de Tové a été le seul candidat en lice proposé par le parti UNIR (parti avec le plus de sièges à l’Assemblée nationale), comme président de la République togolaise et selon les dispositions de la nouvelle constitution, le Président est élu à titre honorifique, car le Président du Conseil détient tous les pouvoirs de l’État. 

« Un crime contre le peuple togolais », selon l’opposition.

Si les partisans de la 5e république y voient une phase de transition vers une démocratie plus renforcée en accédant à la 5è république, l’opposition, quant à elle, y voit un crime contre le peuple togolais. « Les parlementaires ainsi que les membres de la Cour Constitutionnelle qui ont participé au crime commis ce jour contre le peuple togolais, en validant le choix d’un Président du Conseil des ministres tout-puissant bien que non élu par le peuple, en élisant un président de la République à la place du peuple souverain, et en recevant le serment des nouveaux responsables illégitimes, seront tenus pour responsables devant l’Histoire. Ils auront trahi la souveraineté du peuple togolais », ont réagi certains partis de l’opposition comme l’Alliance nationale pour le changement (ANC), les Forces démocratiques pour la République (FDR), la Dynamique pour la majorité du peuple (DMP) ainsi qu’une partie de la société civile.

Bien que rentrée en vigueur depuis ce 3 mai 2025 suite à la désignation du président du Conseil des ministres et du président de la République, la nouvelle constitution continue d’alimenter les débats en ce qui concerne sa légitimité.

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