constitution
Dodji Apévon et Jean-Pierre Fabre à Lomé, 12 avril 2024

Au Togo, l’opposition relance la mobilisation contre le régime en place. Réunis en conférence de presse le 13 avril 2026, des organisations de la société civile et des partis politiques regroupés au sein du Cadre National de Concertation pour le Changement au Togo (CNCC), composé de l’ANC, du FDR, de Togo Debout, du PSR et de l’ADDI, ont annoncé un grand meeting populaire pour le 9 mai prochain à Akassimé, dans le Golfe 4, à Lomé. Le mot d’ordre est sans ambiguïté : « Mobilisons-nous pour faire échec à la 5ème République et à l’arbitraire sous toutes ses formes ».

Une constitution qualifiée de « coup d’État »

Dans sa déclaration liminaire, le CNCC ne mâche pas ses mots. La nouvelle Constitution, adoptée en 2024, est présentée comme « une manipulation constitutionnelle » qui « consacra un nouveau coup d’État contre la souveraineté et la dignité du peuple ». Le texte aurait été imposé « sans aucune consultation préalable », en violation, selon le CNCC, de la Constitution de la 4ème République que « le peuple s’est librement et souverainement donnée en votant oui à 98,11 % lors du référendum de septembre 1992 ». Pour ces formations, la Ve République « institue un pouvoir personnel renforcé » et consacre « une monarchisation de la République ».

800 milliards qui disparaissent chaque année

Au-delà du volet constitutionnel, le CNCC pointe les crimes économiques. S’appuyant sur le rapport 2013-2022 de Global Financial Integrity publié en janvier 2026, la coalition accuse que « chaque année, en moyenne, près de 800 milliards de FCFA disparaissent des caisses de l’État », soit sept fois le budget de la santé et cinq fois celui de l’éducation. Le CNCC cite également le Port de Lomé, « bradé au groupe Bolloré par une procédure que la justice française qualifie de corruption d’agent public », avec un procès attendu en décembre 2026.

Un appel à la mobilisation générale

« Depuis 1963, le voile de la désolation et de la dictature s’est abattu sur le Togo », affirme la déclaration, évoquant « six décennies de mauvaise gouvernance » et rappelant la « répression sanglante » des manifestations de juin 2025. Face à ce tableau, le CNCC appelle le peuple togolais à « se remobiliser pour l’ultime combat », avec la conviction qu’« un peuple mobilisé et déterminé est invincible ».

Le 9 mai à 14 heures, Akassimé sera le test grandeur nature de cette mobilisation.

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