Journalistes, animateurs de programmes sur les médias confessionnels de Lomé et leaders religieux de divers bords ont été entretenus cette semaine sur la lutte contre l’extrémisme violent. Ils ont été amenés à réfléchir à l’approche communicationnelle pour lutter contre ce fléau.
Très écoutés par l’opinion, les journalistes et animateurs tout comme les leaders religieux ont un rôle clé dans l’effort de paix en temps de crise. En contact permanent avec les communautés, ces leaders d’opinion peuvent être des artisans de paix ou à défaut des amplificateurs de messages pouvant créer des tensions à tort ou à raison. C’est pourquoi, Hotsi communication s’attèle depuis 2024, avec l’appui de l’ambassade des Etats-Unis au Togo à les sensibiliser à la culture de la paix pour la cohésion sociale. Cet appui américain s’inscrit dans une logique de prévention en amont : renforcer des acteurs locaux crédibles afin de réduire l’espace exploité par les discours extrémistes violents, avant qu’ils ne menacent davantage la stabilité du Togo et de la sous-région. Le but est de faire de ces acteurs des partenaires fiables et compétents dans la lutte contre l’extrémisme violent au Togo. Le projet de Hotsi communication vient en appui à la stratégie de communication du CILPEV, Comité interministériel de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent.
Pour outiller les acteurs, ils ont été expliqués entretenus sur le processus de la radicalisation et de l’extrémisme violent. Les échanges ont porté aussi sur l’importance de communiquer (pour leur cas) sans faire du mal (do no harm). A partir d’exemples concrets et des faits réels les participants des diverses sessions ont été amenés à identifier des messages de haine et préoccupants pour la cohésion sociale et à proposer des messages positifs pour éviter ou contrer de telles réalités.
Les travaux conduits par Félix Aklavon, expert en sécurité et paix ont été l’occasion d’étudier des cas, de simuler la gestion de situations de crises par ces leaders d’opinion. Selon lui, « Le radicalisme n’est pas loin de nos portes. Nous avons des personnes radicalisées, mais qui n’ont pas franchi le seuil de la violence. Il faut anticiper, ne pas attendre que la violence s’installe. »
Modérés par Carlos Tobias, assistant-projet de Hotsi Communication, les échanges ont permis de créer une communauté engagée à promouvoir la paix et qui a, durant les différentes sessions, expérimenté le vivre ensemble entre des acteurs venus de divers horizons.
Durant ces sessions, le Chef de département de la Communication du CIPLEV, le Docteur Bayouma Katéléwéna a entretenus les participants sur la mission de la CIPLEV et échanger avec les acteurs sur comment ils peuvent contribuer à mener une communication responsable aux côtés de l’institution pour prévenir la paix et lutter contre l’extrémisme violent au Togo.
Les sessions de sensibilisation organisées cette semaine par Hotsi Communication constituent la suite de plusieurs séries de formations menées dans toutes les régions du Togo avec divers acteurs socio-professionnels. L’objectif est d’amener l’ensemble des acteurs à prendre conscience de leurs rôles pour une communication responsable, facteurs de cohésion dans les communautés. Outillés pour détecter de manière précoce les sources de conflits ou les germes de la radicalisation, les bénéficiaires de ces formations acquièrent des outils pour prévenir, contrer ou désamorcer les tensions qui pourraient nuire au vivre ensemble dans les communautés.

















