Patrice Talon, Bénin
Patrice Talon, président de la République du Bénin

La stabilité sociopolitique du Bénin a failli prendre un coup ce dimanche 7 décembre. Comme un père noël qui se serait trompé de date, un groupe de militaire a semé le doute dans l’esprit des Cotonois. Au-delà, c’est la tranquillité de tout le pays qui a été affectée par un supposé coup d’Etat qui a tourné court.

La tentative de coup d’Etat entreprise par le lieutenant-colonel Pascal Tigri restera une tache indélébile dans la mémoire collective béninoise mais aussi africaine. Jamais depuis ces dernières années une tentative pour renverser un pouvoir n’a été aussi brève et surtout décriée. Si les mutins béninois – qualifiés de « groupuscules » quelques instants après leur forfaiture par le ministre béninois de l’intérieur – ont voulu remettre en cause l’ordre constitutionnel du pays, leur aventure n’a pas reçu le soutien populaire. Tout comme eux, des vidéos de groupuscules ont circulé, faignant célébrer une fin trop précipitée du pouvoir de Patrice Talon.

Ce dernier, le président de la République du Bénin s’est exprimé dimanche soir sur la télévision nationale, depuis le palais présidentiel. Encore visiblement sonné par les faits de la journée, Patrice Talon n’a pas dérogé à la règle de se montrer ferme. Il a qualifié cette tentative de prise de pouvoir par les armes de « faits d’une gravité extrême » avant de rassurer qu’ils ne resteront pas impunis. Depuis ce dimanche, des mutins ont été arrêtés et le « nettoyage » était encore en cours ont annoncé les sources officielles.

La mobilisation pour soutenir le Bénin ne s’est pas fait attendre. De simples citoyens aux institutions communautaires comme la CEDEAO, les soutiens au Bénin se sont exprimés clairement en faveur d’un échec de la tentative du coup d’Etat. La CEDEAO a annoncé en fin de journée le déploiement de sa forme en attente sur le territoire béninois. Cette force sera composée de troupes nigériane, sierra-léonaise, ivoirienne et ghanéenne. « La force soutiendra le gouvernement et l’armée républicaine du Bénin afin de préserver l’ordre constitutionnel et l’intégrité territoriale de la République du Bénin », a précisé l’organisation dans son communiqué.

Lundi, les médias ont annoncé la libération de deux généraux pris en otage par les mutins. Dimanche, le président Patrice Talon promettait les retrouver. Cette scène vécue par les béninois ce 7 décembre laissera des traces. Le Bénin connu pour sa stabilité politique depuis plusieurs décennies a failli basculer dans l’anarchie.

Crise sociopolitique

Les critiques de Patrice Talon lui reprochent une restriction des libertés. En fin de mandat et sans être candidat au terme de ces deux mandats constitutionnels, Patrice Talon a porté son choix sur un dauphin, son actuel ministre de l’Economie. Mi-novembre, une nouvelle constitution a été adoptée faisant passer le mandat présidentiel et parlementaire de 5 à 7 ans renouvelable une fois. De même un sénat a été mis en place.

La prochaine élection présidentielle devra se dérouler sans les ténors de l’opposition. Une partie de l’opinion politique béninoise a accusé le pouvoir béninois d’écarter ses adversaires de taille par des manœuvres politiques. Peu suffisant pour vouloir renverser Patrice Talon s’accordent les analystes en évoquant les tensions sociopolitiques dans le pays.

Les adeptes de déstabilisation n’ont pas manqué l’occasion de se réjouir de ce qui allait se passer au Bénin dimanche. Mais leur joie aura été de courte durée et certains pourront même faire l’objet de mandat d’arrêt pour complicité ou apologie d’atteinte à la sureté de l’Etat béninois.

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