Quelques un tentent de briser le silence, de se réveiller de leur sommeil. Après la présidentielle d’avril 2015, la classe politique a perdu sa fougue. Et pourtant les sujets pour « discourir » ne manquent pas. Le Parti Social Démocrate du Togo (PSDT) se livre à l’exercice. Le parti exprime ici son regard sur l’après élection et l’avenir de la politique togolaise. Son Premier Secrétaire, Laurent Laté Dankou Lawson a répondu aux questions de notre rédaction.
FN : Bonjour monsieur Laurent Lawson ; vous êtes le Premier Secrétaire du (PSDT) Parti Social Démocrate du Togo. Votre parti, semble-t-il, est inconnu ; mais dites-nous comment il se porte ?
Le Parti Social Démocrate du Togo se porte à merveilles. Nous sommes acceptés par le peuple partout où nous passons et où nous présentons nos idéaux politiques.

FN : Votre parti n’a pas participé à la présidentielle du 25 Avril 2015 qui ont sacré Faure Gnassingbé président à sa propre succession, mais vous avez suivi de près le processus. Quelles ont été vos impressions sur cette élection?
Merci de m’avoir donné l’occasion de m’exprimer. D’entrée de jeu, je félicite la population togolaise qui dans sa maturité politique a accompli et sans gêne son devoir civique. Je voudrais surtout féliciter les cinq (5) candidats pour leur fair-play pendant et après l’échéance électorale. Les résultats donnés par la CENI et enfin entérinés par la cours constitutionnelle ont déclaré vainqueur le candidat Faure Essozimna Gnassingbé, pour un troisième (3) mandat avec 58% de suffrages exprimés. Jusque-là je ne trouve aucun inconvénient d’autant plus que dans un combat il y a toujours un vainqueur et un vaincu. Une élection présidentielle qui a connu la mobilisation de cinq (5) candidats dont un (1) du pouvoir et quatre (4) de l’opposition. Il faut préciser ici que l’opposition est portée par deux(2) camps dont un est une alliance de partis politiques sous l’appellation de CAP 2015 et l’autre la représentativité monopartite observée au niveau des autres candidats. Ceci dit, Faure Essozimna Gnassingbé est déclaré vainqueur. Je ne vois pas en quoi il faut rejeter cette réalité.
FN : Après la proclamation des résultats, il a fallu des semaines avant la nomination de Sélom Komi KLASSOU comme premier ministre. Est-ce c’est un choix qui répond vraiment aux aspirations des togolais ? Certains s’attendaient à un premier ministre technocrate. Quelle interprétation donnez-vous à cette nomination ?
La question d’avoir un Premier Ministre technocrate ou politique est d’une frêle importance. Il faut s’en tenir à la vertu de sa personne à pouvoir répondre aux attentes des Togolais qui dans une impatience sans précédente voudraient bien adhérer à la loge d’épanouissement dont le fondement donne raison au resplendissement de l’idéologie gouvernementale qui d’avantage resplendirait le développement. Ce qui est sûr, il sera mis sur orbite de critiques qu’il doit accueillir à bras ouverts car il n’y a rien de fait tant qu’il reste à faire.
FN : Le 29 Juin dernier, le Premier Ministre a présenté son programme de gouvernance devant les parlementaires qui ont accordé leur crédit à ce programme. Que dit votre parti sur ce programme. On rappelle que l’opposition parlementaire ne l’a pas approuvé !
Les points que le Premier Ministre a soulignés représentent le programme de société que le Président de la République avait proposé au peuple togolais pendant la campagne électorale ; lequel programme fait l’objet de son élection. Maintenant le moment est à sa mise en place et à son exécution. Sur ce plan, le gouvernement est très attendu. Vous savez, une chose est de proposer pour se faire plaire et se faire élire et autre, c’est son exécution. Nous au PSDT, nous convergeons avec ce programme dont la teneur prend en compte la santé, l’éducation pour tous et la formation professionnelle. Le gouvernement nous garantit de meilleurs accès aux soins de santé, que tout sera mis en œuvre afin qu’à terme, aucun enfant ne parcourt plus de 2km pour s’instruire, qu’au niveau du secondaire et du supérieur, qu’il fera en sorte que l’impérative réforme de leur système éducatif prenne forme et qu’un accent particulier soit désormais mis sur la formation professionnelle et technique, sur l’apprentissage, sur l’auto-emploi, l’employabilité sous toutes ses formes ainsi que la lutte contre la fraude et la corruption à tous les niveaux. Là je dis bravo et rendez-vous. Nous veillerons à l’exécution de ce programme.
FN : Lors de la formation du nouveau gouvernement Klassou du 3ème quinquennat du Président Faure Gnassingbé, des partis politiques ont manifestés leur désir d’entrer au gouvernement. Le PSDT ne s’est manifesté, pourquoi ?
Vous savez, chaque parti politique à sa stratégie et sa façon de voir la chose. C’est le propre de l’Homme et c’est ce qui fait la différence. Depuis le début nous avons annoncé notre non-participation à un gouvernement quelconque. Car pour une victoire d’un parti politique sans aucune coalition avec un autre parti politique dans ce cas, la participation d’autres partis politiques pour les commandes des choses avec le parti gagnant n’aura aucun sens. Premièrement, le parti a seul battu la campagne avec le programme du parti, deuxièmement le candidat du parti a été élu selon le programme de société proposé par le parti à la population et troisièmement le parti a la majorité absolue à l’Assemblée Nationale. Donc qu’est-ce que l’on compte aller faire dans un gouvernement pareil ? Quelle représentation et avec quelle voix parler ? En conseils des Ministre que peux-tu dire comme Ministre si ce n’est tenu au statut de marionnette. Je ne nous vois pas dans un gouvernement pareil mais, nous préférons rester à distance pour contribuer par nos critiques et nos propositions d’approches de solutions que de nous voir clouer le bec en militant dans le gouvernement.
FN : Juste après la réélection du Président Faure Essozimna Gnassingbé, ce dernier a disparu pendant plusieurs jours avant de réapparaitre. Une disparition que beaucoup ont qualifiée d’autres choses. Avez-vous eu une idée sur cette disparition ?
Cet épisode a été pendant plusieurs jours un sujet de commérage dans les journaux et aussi dans la population togolaise comme aussi dans les milieux politiques et même dans les journaux internationaux. Moi j’avais gardé mon calme et ma tête froide pendant plusieurs jours avec un raisonnement que certainement il est au repos. Quel genre de repos? Médical? Pour la fatigue accumulée pendant les cinq ans de commandement et avec plusieurs jours de campagne électorale? Ou bien se ressourcer avant d’entamer son nouveau 3ème ?
Ce que nous ne devons pas perdre de vue est que, le Président de la République est un homme comme tout autre et dont l’organisme peut être soumis à un disfonctionnement ou à une fatigue. Donc je trouve inadmissible les critiques que les uns et les autres formulent à son endroit. Oui, pour des raisons de responsabilités et des charges qu’il porte en tant que Premier responsable de la nation et quel que soit ce que disent les uns et les autres, ceci n’est pas seulement un devoir mais, une responsabilité pour lui d’informer son peuple de son absence publique. Imaginons quand nous tombons malade tout notre entourage s’inquiète et cherche notre guérison. Quand nous disparaissons sans informer notre entourage, tout le monde s’inquiète et va à notre recherche. Donc ici comme un bon père de Nation, le Président de la République s’apercevrait dans l’obligation d’informer son peuple pour une éventuelle disparition soit pour un repos soit pour question de santé. Alors, je dis, Excellence monsieur le Président de la République togolaise votre surprise après votre élection n’est pas du tout RIGOLO.
FN : En analysant la vie politique, la politique togolaise a-t-elle de l’avenir ?
Je dis souvent que la politique togolaise est vraiment exceptionnelle et spécifique en son genre. Mais ce qui est sûr, c’est que nous sommes sur une bonne pente, quelles que soient nos divergences d’opinions. Nous ne sommes pas tenus d’adhérer à la même idéologie politique et c’est cela même la force de la démocratie. Je vais ici partager avec vous mon histoire, une histoire de tout le début de ma vie d’exile à Cotonou au Bénin. Les six premiers mois, je m’étais logé à l’hôtel de la messe des officiers. Tous les soirs, je partageais des séances de causeries avec les officiers béninois (des généraux, capitaines, colonels etc..) où un de ces soirs, nous entamions une conversation sur la situation politique togolaise. Au cours de nos discussions, un officier dont je tais le nom disait, le Togo est sur une très bonne voie pour sa démocratie et sur laquelle ce petit pays construira un très bon développement. Comme une grande démocratie connaît toujours une révolution et très difficile mais, après avoir passé tout ce temps et quand chacun des camps se connaitra, alors viendra la bonne gouvernance et le développement. Et enfin il conclut en disant ceci « nous au Bénin, avons reçus la démocratie sur un plateau d’Or. Sans aucune lutte révolutionnaire et que rien ne peut garantir la durée à long terme de notre démocratie ni la bonne gouvernance».
J’ai confiance moi pour l’avenir politique du Togo. Le Togo est un très bon pays avec un peuple rempli d’espoir et de courage. Un peuple non vindicatif qui croit en Dieu et qui a foi en son développement. Le développement frappe à la porte togolaise, il suffit que nous lui ouvrions cette porte et qu’ensemble malgré nos différences ethniques comme politiques nous travaillons mains dans les mains pour bâtir un Togo meilleur à notre génération future.
FN : Dans cette foulée d’opinions et votre histoire personnelle, où se situe l’opinion de votre parti PSDT ?
Le PSDT se place aujourd’hui au-dessus de toute la mêlée, de tout ce qui est impure et qui peut remettre en cause les petits acquits de notre démocratie au Togo. Nous ne voulons pas du tout fonctionner comme un parti de protestataire politique. Je vous dis que nous tenons bon sur notre ligne de Parti Social Démocrate du Togo en mettant en valeur certains principes.
FN : Quels sont alors ces principes ?
La liberté, l’un des aspects fondamentaux du développement. Elle est le résultat d’efforts à la fois individuels et collectifs. Chacun a le droit d’être libre de toute coercition politique et doit jouir des meilleures chances pour poursuivre ses objectifs personnels et mettre en œuvre ses potentialités. La justice, elle qui signifie la fin de toute discrimination contre les individus ainsi que l’égalité des droits et des chances. L’égalité, elle qui exprime la valeur égale de tous les êtres humains. Elle est la condition préalable au libre développement de la personne. La liberté et l’égalité ne sont pas contradictoires. L’égalité est la condition pour le développement de la personnalité individuelle. L’égalité et la liberté des personnes sont indivisibles. La solidarité, elle embrasse toutes les valeurs. C’est l’expression pratique d’un humanisme universel et d’un engagement vis-à-vis des victimes de l’injustice. Elle est plus importante, puisqu’elle est indispensable à la survie de l’Humanité. Nous avons la paix, elle est une valeur fondamentale, une condition sans détour pour le développement humain et national. La paix est une condition préalable à tous nos espoirs. La guerre détruit la vie humaine et les bases du développement social. Nous allons aussi lutter pour le rôle des hommes et des femmes dans la société moderne et promouvoir une nouvelle culture de dialogue politique entre les politiques du Togo et la société civile togolaise. Nous poursuivrons la lutte pour la Démocratie et les Droits de l’Homme qui sont les bases principales de la liberté et de l’égalité. Nous nous efforcerons à parvenir aux droits égaux au Togo sans disparité. Nous ne sommes pas sans savoir que ces droits sont aujourd’hui sérieusement en danger dans notre société togolaise.
FN : Monsieur Lawson Laurent Laté, vous vivez souvent en Suède et vous faite de la politique togolaise. S’il vous ait demandé de dire un dernier mot, qu’allez-vous dire ?
Je vous remercie de m’avoir accordé ce moment d’interview. Je voudrais par ce moment inviter toutes les togolaises et tous les togolais aussi bien au plan endogène qu’exogène a préservé jalousement l’OR de l’humanité que nous ont légués nos aïeux. On ne doit pas perdre de vue l’intérêt national car c’est dans un rêve collectif que nous donnerons raison à la raison d’être de notre chère patrie le Togo. L’espoir est encore permis et nous devons y croire. Si l’aveugle a la volonté d’aller au cinéma, la probabilité est forte que le Togo croit en son avenir. J’invite donc chacun à jouer le rôle qui est le sien pour que vive le Togo. Je vous remercie.


















