Manifestations, Lomé
Les manifestations du 26 juin ont été émaillées de violences à Lomé

La première journée des manifestations s’est soldée par des scènes d’affrontements dans plusieurs quartiers de Lomé. La grande pluie qui s’est abattue sur la ville n’a pas calmé les ardeurs, que ce soit du côté des manifestants ou des hommes en tenue.

Peu après 11 heures, la tension a monté d’un cran dans plusieurs quartiers de la ville de Lomé. La majorité des localités sillonnés en matinée par nos équipes et qui étaient plutôt calmes se sont embrasées.

Les scènes rappellent les années sombres du pays et pour lesquels d’importants moyens humains et financiers ont jusqu’ici été déployés pour « apaiser les cœurs » et pour « réconcilier le pays » suite aux violences politiques de plusieurs décennies. Ce 26 juin 2025, Lomé a semblé renouer avec le cirque de violence. Des voies barricadées, des jets de pierres et de projectiles, les manifestants semblaient furieux face aux éléments en tenues déversées dans la ville. Que ce soit à Adakpamé, Bè-Kpota, Amoutiévé… c’était la même scène !

Cela fait longtemps que Lomé n’a plus été le théâtre de tels événements. Alors que la ville tournait au ralenti, les manifestations ont pris une autre allure en deuxième moitié de la journée. Le face à face entre manifestants et hommes en tenue a duré des heures, avec des courses poursuites.

Des colonnes de véhicules avec des hommes armés de bâtons, de cordelettes, de gaz lacrymogènes étaient face aux manifestants. Sur la toile plusieurs images ont été diffusées par des internautes, quelquefois avec des images insoutenables.

La capitale s’est pourtant réveillée dans le calme. Mais à la tombée de la nuit, plusieurs axes étaient difficilement praticables comme le grand contournement sur l’axe Kégué – Rond-point TP3. A l’instar de cette voie bloquée par un lampadaire sur le contournement qui, depuis des années, a souvent été peu éclairé. De quoi dire qu’au soir de cette première journée de contestation, le bilan peut être lourd.

Manifestations, Lomé
A Bè (Biova), un véhicule dressé en barricade. Selon les témoignages, il s’agissait d’un véhicule qui attendait d’être peinte devant un garage-auto dans la zone.

Ces manifestations sont le fruit d’une forte crispation sociopolitique. Conjoncture économique, changement récent de la constitution, arrestation de voix critiques dont la dernière fut l’artiste Aamron libéré qui est libéré il y a quelques jours. Les manifestants demandent la libération des prisonniers politiques et au-delà le départ de Faure Gnassingbé. La mobilisation est née sur les réseaux sociaux. Ce jeudi marque le début de trois jours de contestation annoncée par les meneurs. La nuit tombe sur la capitale, dans l’incertitude du calme les deux jours à venir.

Au même moment, certains loméens auront du mal à croire que la ville a été agitée. Dans certains quartiers, c’était le calme total. De plus, ce même jour, le parti au pouvoir tenait une réunion à son siège à Lomé, dans le cadre des prochaines élections législatives ont pu constater des témoins.

 

Suivre la chaîne Infos Du Togo sur WhatsApp  :

Chaîne WhatsApp