
L’Assemblée nationale a encore procédé à la nomination de nouveaux membres de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Contrairement au vote des membres de la société civile et de l’opposition extraparlementaire, le vote des membres de l’opposition parlementaire s’est fait dans un désaccord total entre députés de la majorité et ceux de l’opposition représentant la C14.
Atchantsi Abalo Edem, Teko Jean Jacques Folly de l’ANC ; Awudi Kodzo Agbenyega du CAR et Pessinaba Yamba de l’ADDI sont les nouveaux membres nommés par l’Assemblée nationale lundi, au terme d’une séance houleuse. Le vote s’est déroulé dans un vacarme total où l’opposition parlementaire (sauf l’UFC) contestait la procédure et a boycotté le vote.
C’est une Assemblée nationale méconnaissable qui a procédé au vote de ce lundi. Par deux fois, le président du parlement, Dama Dramani a suspendu la séance. La première fois pour des concertations ; la deuxième fois suite à un incident venu du camp de l’opposition parlementaire notamment du CAR avec une vive contestation de la procédure par le député Jean Kissi. On a frôlé une altercation en ce moment. La pomme de discorde est restée la même : le statut contesté de l’UFC comme parti de l’opposition parlementaire et qui bloquait jusque-là la nomination des membres de l’opposition parlementaire à la CENI.
En début de séance, Dama Dramani a formulé sa proposition qui consistait à nommer une nouvelle quatre personnalités des cinq de la liste soumise par la coalition de la C14. La proposition soutenue par la majorité défendait aussi le fait que l’UFC siège déjà à la CENI au titre de l’opposition parlementaire et que le comité de suivi devra statuer sur ce cas. En attendant que ce dernier ne se prononce, pour la majorité, « il fallait faire en sorte que l’opposition parlementaire prenne sa place à la CENI pour contribuer à l’amélioration du processus en cours et éviter des critiques exagérée… »
Cette proposition a été vivement contestée par l’opposition de la C14 au parlement. Elle a exigé que la liste soumise soit votée en bloc ou qu’elle soit rejetée en bloc ; dénonçant l’immixtion de la majorité dans la nomination de l’opposition parlementaire. Les deux avis partagés ont entrainé d’interminable débat houleux. Devant la décision du président Dramani de poursuivre la procédure telle qu’il l’a proposé pour nommer les quatre personnalités; l’opposition (de la C14) a boycotté le vote et tenter de le perturber en vain. La majorité parlementaire a nommé donc Atchantsi Abalo Edem, Teko Jean Jacques Folly de l’ANC ; Awudi Kodzo Agbenyega du CAR et Pessinaba Yamba de l’ADDI. Ce vote laisse sur le carreau Amuzun Assiongbon Ekpé de l’ANC.
« C’est une honte », a déclaré le vice-président de l’ANC, Me. Doe-Bruce ; dénonçant un « traficotage » de la liste de la coalition. « Je pensais que c’est une assemblée qui a évolué, mais de jour en jour, je vois que c’est une assemblée qui ne ressemble pas à une vraie assemblée. Elle a le nom d’assemblée, mais elle n’agit pas comme une vraie assemblée », a-t-il dénoncé.
Le président du groupe UNIR, Christophe Tchao a expliqué la démarche de la majorité : « la question de l’UFC comme parti de l’opposition n’a pas été résolue par le comité de suivi. En attendant, et pendant que les gens sont entrain de charger l’assemblée nationale comme celle qui bloque la nomination des autres membres de l’opposition, il fallait avancer pour permettre aux autres de siéger. Lorsque le comité de suivi va se réunir et clarifier sa position par rapport à la saisine de l’ANC et l’UFC ; nous allons nous allons encore nous retrouver pour nommer la dernière personne ». « Il n’est pas question de s’immiscer dans le choix des partis parlementaires de la C14 tel qu’il l’ont présenté », a-t-il martelé .
Seul sujet heureux du jour (notamment pour l’ADDI), la députée indépendante de Sursaut national démissionne de son mouvement pour rejoindre le groupe ADDI. Une bonne nouvelle pour le parti ADDI qui n’a nullement calmé la tension du vote sur la CENI.
Carlos Tobias

















