L’opposition togolaise qualifie le dialogue Togotelecome2 d’échec. Cet échec a été amputé au pouvoir par les partis de l’opposition membre de ce cadre politique. Au Togo, les dialogues ont-ils encore un intérêt ? Qui y croit encore ? Face à l’échec constaté mardi, Nicodème Habia, ex-homme fort de l’UFC, -ndlr : le parti d’opposition, allié du pouvoir de Lomé-, pense qu’il faut rassurer le pouvoir et négocier sa sortie sur la scène politique.
L’ex-lieutenant de l’Union des Forces du changement (UFC) n’est pas surpris du résultat mitigé du dialogue politique qui s’est achevé ce mardi 3 juin 2014 à Lomé. Pour l’honorable Nicodème Habia, le premier facteur qui justifie cet échec reste le temps trop courts réservé à des sujets de discussions aussi importants.
Pour lui, il faut malgré tout rester optimiste. « Il faut changer de cadre de dialogue au Togo », propose-t-il. « Le dialogue politique ne peut plus s’enfermer dans un délai ». S’il ne condamne pas le principe de discuter entre acteurs politiques, il se dit convaincu d’une chose, « le Togo a besoin d’aide ». Pour M. Habia, « il faut faire appelle à toutes les personnes ressources, prélats, chefs traditionnels, imams, prêtres vaudous… » Il ira loin et préconisera l’intervention d’anciens chefs d’Etat africains.
L’homme politique et fin sportif que nous avons d’ailleurs rencontré dans un club sportif, mardi après midi, insistera particulièrement sur un point : celui des garantis qu’il faut désormais donner au parti au pouvoir et à son allié, l’UFC de Gilchrist Olympio. Et il y tient, « ça doit être un travail de longue alène », afin de « permettre à Faure Gnassingbé –ndlr : l’actuel président du Togo- de sortir par la grande porte ». Cette sortie pourrait se faire dès 2015, selon Nicodème Habia. « Je suis le premier qui pense que Faure Gnassingbé ne doit plus se présenter en 2015 », soutient-il.
Toutefois, pour lui, « seuls Faure Gnassingbé et Gilchrist Olympio peuvent permettre de trouver une solution à la crise togolaise actuellement, il faut donc les rassurer ». il s’agit pour L’ex-député de rassurer ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir de leur tranquillité, de même que celle de tout ceux qui ont travaillé pour eux. Il n’hésitera pas à donner des exemples comme le Ghana avec Rawlings, le Bénin avec Mathieu Kérékou…
« Si ce travail de fond n’est pas fait avec le régime, moi je ne suis pas partant pour des élections présidentielles en 2015 », nous dira l’ancien bras droit de Gilchrist Olympio. Et pour cause, à en croire Nicodème Habia, « cette élection entrainerait encore des morts et on retournerait encore pour un autre dialogue à propos ».
Retour sur le dialogue achevé mardi. Pouvait-on s’attendre à une autre situation que celle de ce mardi, avec le départ des partis de l’opposition avant la fin du dialogue ? Nicodème Habia, l’optimiste ex-militant de l’UFC dira : « bien évidemment, je suis optimiste et je suis pour le dialogue, quelque soit le temps que ça prendra ». Mais il fera vite observer qu’ « il ne fallait pas divaguer ». Pour lui, la limitation du mandat présidentiel et les présidentielles à deux tours étaient les deux sujets importants sur lesquels il fallait discuter. Une fois encore, Nicodème Habia croit en un Togo où les acteurs politiques finiront par s’entendre autour de l’essentiel.
Mais en réalité, quelle est l’appartenance politique actuelle de l’homme qui, jusqu’ici, nous a livré sa lecture de l’actualité politique du Togo ? A cette question, Nicodème Habia sourit, puis nous rassure que nous le sauront dans les semaines qui viennent, et nous confie qu’il est approché par le Parti des Togolais (PTT) de Alberto Olympio et les discussions sont en cours…mais certainement pas comme un dialogue de sourd !

















