Dans le cadre de la Journée internationale des droits de la femme, l’association CeFAD (Le centre des femmes d’appui à la décentralisation) a organisé, mercredi 12 mars, une formation sur le thème retenu par le Togo pour le 8 mars : « l’accès des femmes aux documents d’identité pour une meilleure participation au développement.»

La rencontre a débuté par une introduction de la présidente du CeFAD, Eyram Bouaben, qui a replacé la formation dans son contexte. Afin de garantir une meilleure compréhension pour toutes les participantes, la formation s’est déroulée en mina. Le formateur, Madede Franck Lao, Chef section légalisation à mairie de la commune Golfe 2, a détaillé les différents types de documents d’identité et les démarches pour les obtenir. Dans la salle, un silence attentif témoignait de l’intérêt des participantes. Une séance de questions-réponses a ensuite permis à chacun d’obtenir des éclaircissements précis.

Au Togo, l’acte de naissance est délivré gratuitement et chaque parent a la responsabilité de déclarer son enfant dans les 45 jours suivant la naissance. Si ce délai est dépassé, l’enfant devra passer par un jugement supplétif. L’État permet toutefois de convertir ce jugement en acte de naissance avant le 31 décembre de l’année en cours. Passé ce délai, l’enfant conservera un jugement supplétif à vie, ce qui peut engendrer de nombreuses complications.

Maman Angèle, une revendeuse interrogée, confie : « C’est l’ignorance qui nous pousse à commettre des erreurs. Aujourd’hui, grâce à cette formation, j’ai appris qu’on peut refaire un acte de naissance perdu. Il suffit de faire une déclaration de perte au commissariat et d’entamer les démarches nécessaires. Je compte bien sensibiliser mon entourage et corriger les erreurs liées à nos identités.»

Le mariage a également été un sujet abordé. Beaucoup de femmes se marient traditionnellement sans officialiser leur union à l’état civil, ce qui peut poser problème en cas de décès du conjoint.

La plupart des femmes participantes ont posé des questions sur le mariage civil, les pièces nécessaires et les démarches à suivre après le décès de leur époux. Elles ont pris conscience de l’importance de régulariser leur situation administrative. Christelle Tsikplonou, une autre participante témoigne : « Grâce à CeFAD, nous avons appris comment obtenir nos pièces d’identité, déclarer la naissance de nos enfants dans les délais impartis et éviter les jugements supplétifs. On nous a aussi expliqué les documents nécessaires pour établir une nationalité ou un passeport, ainsi que les procédures pour corriger les erreurs sur un acte de naissance. J’avais un problème de nationalité, et avec ces explications, je vais enfin pouvoir le résoudre.»

La présidente de CeFAD, Eyram Bouaben, s’est réjouie du bon déroulement de la formation. « En voyant l’enthousiasme de l’assistance pendant la formation et la séance de questions-réponses, c’est une satisfaction. Beaucoup de personnes avaient des interrogations restées sans réponse, et aujourd’hui, elles ont enfin obtenu des éclaircissements. Cette année, notre activité du 8 mars a eu une particularité : nous avons invité les hommes, convaincus que leur implication dans la lutte pour les droits des femmes est essentielle. C’était un réel plaisir de les voir participer aux débats. Nous comptons d’ailleurs étendre cette initiative à d’autres localités afin que toutes les femmes aient accès à ces informations précieuses. Pour rappel, l’association CeFAD encourage les femmes à s’approprier le processus de décentralisation et de développement », a confié la présidente de CeFAD et la conseillère municipale de la commune Golfe 2, Mme Eyram Emmanuella BOUABEN

Après les échanges, deux films ont été projetés : « La force de la femme » et « L’adultère ». Ces films ont suscité un vif intérêt et de nombreuses réactions parmi les participantes, entre rires, partages d’expériences et prises de conscience. Ils ont mis en lumière la place essentielle de la femme au sein de la famille et de la société : éducatrice, donneuse de vie, conseillère, travailleuse acharnée… des rôles souvent minimisés, alors qu’ils sont cruciaux.

Le réalisateur Jack Eklou explique : « ce film est le fruit d’une analyse menée par des spécialistes de l’éducation. Il met en évidence le potentiel immense des femmes et leur capacité unique à affronter les difficultés. En réalité, c’est la femme qui détient la force et l’intelligence. C’est pourquoi nous avons intitulé notre film La force de la femme.»

Cette formation a été une véritable opportunité pour ces femmes d’acquérir les connaissances nécessaires pour effectuer correctement les démarches administratives, tant pour elles-mêmes que pour leurs enfants et leurs proches. CeFAD, toujours engagé dans le développement des femmes, promet d’organiser d’autres événements dans ce sens.

Victoire Missihu, Stagiaire

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