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Michel Yaovi Galley, Directeur général de l’Arcep

Les régulateurs des télécommunications et des services bancaires ont mené des réflexions poussées, au dernier jour du séminaire 2024 de Fratel à Lomé, pour faire de la portabilité des services de paiement mobile une réalité. Les échanges ont permis aux régulateurs des communications électroniques et à ceux des services bancaires d’évoquer leurs attentes.

Face au besoin de l’inclusion financière, les services de paiement mobile doivent être davantage démocratisés et accessibles. Ce souhait des autorités de régulation des communications électroniques est encore un vœu dans des régions d’Afrique comme en Afrique de l’Ouest. Rencontre de partage d’expérience, le séminaire du Fratel a permis de croiser les pratiques et de dégager des pistes de solutions.

En Afrique centrale, la question de l’interopérabilité des solutions de paiement mobile est réglée avec la collaboration entre la Commission bancaire de l’Afrique  centrale (Cobac) et les régulateurs des communications électroniques. A Lomé, c’est l’exemple gabonais qui a fait l’objet d’exposé ; permettant d’attester qu’il est bien possible de réaliser cette interopérabilité au profit des consommateurs. C’est une des conditions pour tirer profit de l’impact économique de la téléphonie mobile, a fait comprendre le doyen de la faculté d’économie et de gestion de l’Université de Lomé.

L’Afrique de l’Ouest malheureusement attend l’effectivité de l’interopérabilité depuis près d’une dizaine d’années. Ce qui, à en croire le Directeur général de l’Arcep Togo, Michel Yaovi Galley, « compliquent sérieusement des initiatives gouvernementales en matière d’inclusion financière. » Si les régulateurs du Fratel reconnaissent la complexité du sujet et les efforts fournis par les régulateurs du secteur bancaire, ils demandent une accélération notamment de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).

Pour justifier le retard, la banque centrale dit vouloir s’assurer de mettre à la disposition du secteur une plateforme performante qui fonctionne 24h sur 24, 365 jours et qui est capable  de prendre en compte tous les cas d’usage, peu importe le type de compte. La représentante de la BCEAO à ce séminaire, Fatou Dieng Gueye s’est voulue rassurante.

Cependant, aussi bien les régulateurs, les opérateurs de mobile money que les consommateurs s’impatientent; ceux de l’Afrique de l’Ouest en particulier.

Rattraper le temps perdu pour l’inclusion
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Louis-Marc Sakala, président du Comité de coordination 2024 du Fratel et DG de l’Arpce du Congo

En clôturant les travaux de Lomé, Louis-Marc Sakala, président du Comité de coordination 2024 du Fratel et DG de l’Arpce du Congo a invité l’ensemble des régulateurs à s’inspirer des expériences partagées et des nouvelles connaissances pour faire face aux différents défis du secteur. Il a rappelé que c’est à partir de ces échanges que le vrai travail des régulateurs commence pour une régulation au profit du secteur.

L’Arcep Togo, hôte de cette rencontre souhaite ardemment que l’interopérabilité devienne possible au plus vite, notamment cette année dans la zone ouest-africaine (UEMOA). A défaut, elle encourage la banque centrale a approuvé les initiatives locales prêts à répondre aux enjeux.

Pour sa part, la BCEAO souhaite un accompagnement des régulateurs et opérateurs télécoms comme la définition d’indicateurs harmonisés de suivi de la qualité des services, la bonne couverture mobile et internet pour la délivrance des services, l’accès à internet à bas prix etc…

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La dernière table-ronde sur le paiement mobile

Le paiement mobile est devenu un outil d’inclusion financière en pleine croissance sur le continent. Il ne reste qu’à sauter le verrou de l’interopérabilité qui devrait permettre de libérer le plein potentiel économique de la téléphonie mobile sur le continent.

D’ici là, les régulateurs du Fratel vont mettre en place une commission d’experts qui travaillera pour l’adoption d’un référentiel commun ambitieux et non contraignant d’indicateurs et de seuils de qualité de services et d’expériences clients pour harmoniser les exigences, a annoncé le Directeur de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes du Togo. Une décision prise lors de la réunion à huis clos des présidents et directeurs généraux des instances de régulation lors du séminaire de Lomé. L’idée est « d’amener les opérateurs les moins performants à se hisser au niveau des meilleurs standards observés dans le monde », a expliqué Michel Yaovi Galley, DG de l’Arcep Togo.

Carlos Tobias