De nombreux Togolais estiment que leur vie quotidienne devient de plus en plus difficile. C’est ce que révèle une récente enquête publiée par Afrobarometer, un réseau panafricain indépendant spécialisé dans les sondages d’opinion publique sur la gouvernance et les conditions socio-économiques en Afrique.
Selon les résultats de cette étude publiée le 26 février 2026, une large majorité de citoyens juge que leurs conditions de vie se sont détériorées au cours de l’année écoulée. Questionnés, « 57 % des Togolais décrivent leurs conditions de vie actuelles comme mauvaises ou très mauvaises », indique le rapport.
Dans la même dynamique, plus de la moitié des personnes interrogées affirment que leur situation personnelle s’est dégradée. « 52 % estiment que leur situation économique personnelle s’est détériorée au cours des douze derniers mois », souligne l’enquête.
Une perception d’une économie en difficulté ? Au-delà des situations individuelles, la perception de l’économie nationale reste également préoccupante. L’étude montre que 62 % des citoyens considèrent que la situation économique du pays s’est dégradée, tandis qu’une proportion similaire estime que « le pays va dans la mauvaise direction ».
Ces résultats traduisent un sentiment d’incertitude économique largement partagé au sein de la population.
Des privations matérielles fréquentes
L’enquête met aussi en lumière les difficultés auxquelles de nombreux ménages sont confrontés au quotidien. Au cours des douze derniers mois, « 90 % des citoyens disent avoir manqué de revenus en espèces au moins une fois », selon Afrobarometer.
Les données révèlent également que : 59 % des Togolais déclarent avoir manqué de soins médicaux ; 52 % affirment avoir été confrontés à un manque d’eau potable et près de la moitié des répondants disent avoir manqué de nourriture.
A cela s’ajoutent les difficultés liées à l’accès au combustible pour la cuisson, évoquées par environ un tiers des personnes interrogées.
Ces indicateurs traduisent une réalité sociale marquée par de nombreuses privations. L’étude souligne d’ailleurs que « trois Togolais sur quatre vivent une pauvreté modérée ou sévère » selon l’indice de pauvreté vécue utilisé par le réseau.
Une critique marquée de la gestion économique
Face à ces difficultés, les citoyens portent un regard critique sur l’action publique. L’enquête révèle que la majorité des Togolais désapprouvent la performance du gouvernement dans plusieurs domaines clés.
Parmi les points les plus critiqués figurent plusieurs points dont : la stabilité des prix, désapprouvée par 85 % des répondants ; la réduction des inégalités, par 80 % ; la création d’emplois, par 77 % ; l’amélioration des conditions de vie des plus pauvres, également par 77 % et la gestion globale de l’économie, jugée négativement par 73 % des personnes interrogées.
Ces chiffres reflètent un malaise socio-économique persistant dans le pays.
Pourtant, un espoir d’amélioration malgré tout
Malgré ce constat préoccupant, une partie des citoyens continue d’entretenir un certain optimisme. L’étude note en effet que « près de la moitié des Togolais (47 %) s’attendent à une amélioration de la situation économique dans les douze prochains mois ».
L’enquête a été réalisée en novembre 2024 auprès d’environ 1 200 citoyens togolais, dans le cadre du 10ᵉ round d’Afrobarometer, un programme d’études couvrant plusieurs pays africains et visant à mesurer les perceptions des citoyens sur la gouvernance, l’économie et les conditions de vie.
Ces chiffres reflètent un malaise socio-économique persistant dans le pays. Un malaise qui contraste avec des mesures budgétaires indiquant la réduction du déficit public, passé de 6,6% du produit intérieur brut en 2023 à 4,8% en 2024. Afrobarometer, en se référant au (Portail de la République Togolaise, 2025) fait état de la maîtrise de l’inflation ayant également contribué à préserver le pouvoir d’achat des ménages. Le taux d’inflation étant passé de 7,6% en 2022 à 3,6% en 2024 selon les chiffres officiels. Ces avancées s’inscrivent dans la mise en œuvre des réformes structurelles prévues par la feuille de route « Togo 2025 », qui vise une transformation économique durable, inclusive et orientée sur la création de valeur (Présidence de la République Togolaise, 2020).

















