A Lomé, le Ministère de la Planification et du Développement, en collaboration avec UNICEF, a organisé un café de presse consacré à la petite enfance ce jeudi. L’occasion de mettre un accent particulier sur les 2 000 premiers jours de la vie ; de la grossesse jusqu’aux cinq ans de l’enfant. Cette rencontre a réuni des professionnels des médias autour d’un objectif : renforcer leur compréhension de cette période cruciale pour le développement du capital humain au Togo.
Les échanges ont permis de rappeler combien, les premières années de vie façonnent durablement le développement cognitif, physique et socio-émotionnel de l’enfant. C’est durant cette phase que se construisent les bases de l’apprentissage, de la santé et des compétences sociales futures. « Les 2 000 premiers jours de la vie d’un enfant représente une période déterminante » a insisté Xavier Sire, Représentant Adjoint de l’UNICEF au Togo.
Pour le représentant, investir tôt permet non seulement de prévenir les retards de développement, mais aussi de réduire les inégalités. Les bénéfices se traduisent à long terme par de meilleurs résultats scolaires, une santé renforcée et une productivité accrue à l’âge adulte.
Un investissement à fort rendement
« Chaque franc investi dans la petite enfance produit un effet multiplicateur exceptionnel, avec un retour estimé entre 6 et 13 fois l’investissement initial » a indiqué le Représentant Adjoint.
Ainsi, la petite enfance ne doit pas être perçue comme une simple dépense sociale, mais comme un investissement stratégique à fort impact économique et social. A en croire les organisateurs, il s’agit d’un levier puissant pour accélérer la transformation structurelle du pays. L’approche intégrée en vue d’un impact durable prend en compte : la santé, la nutrition, la stimulation précoce, la protection et l’accompagnement parental. Cette synergie d’actions permet d’offrir aux enfants un environnement sûr, protecteur et stimulant, condition essentielle à leur plein épanouissement.

« Investir dans la petite enfance, c’est bâtir les fondations d’une société prospère. Chaque enfant qui bénéficie d’un environnement sûr et stimulant dès ses premières années devient un citoyen capable de relever les défis de demain », a rappelé le second patron de l’UNICEF.
Initiatives
Au nombre des actions concrètes en faveur de la petite enfance au Togo, l’UNICEF s’investit dans la mise en place de crèches intégrées dans les grands marchés du pays. Elles proposent un ‘’modèle structuré et sécurisé’’ offrant aux enfants un environnement propice à l’apprentissage, à la santé, à la nutrition, à la stimulation précoce et à la protection. L’initiative vise également à offrir aux mères le temps de se consacrer à leurs activités génératrices de revenus en toute sérénité. Le budget de réalisation et de fonctionnement d’une garderie sur un an s’élève selon l’organisation internationale à plus de 60 400 dollars.
La priorité accordée à la petite enfance s’en trouve ne plus relever uniquement du ‘’discours stratégique’’. Elle se matérialise désormais par des actions visibles et structurantes. Pour le compte de la région Maritime, sept crèches intégrées sont prévues.
Au Togo, plus de 80% de la population active travaille dans l’économie informelle, une majorité étant des femmes commerçantes. Dans les marchés, de nombreuses femmes exercent leurs activités commerciales avec leurs enfants à proximité, souvent dans des conditions peu adaptées à leur développement et à leur sécurité. Le principe des crèches intégrées permettra aux mères, vendeuses comme clientes de confier leurs enfants à un espace sécurisé, encadré et adapté à leur âge moyennant 300 f CFA. « Une expérience pilote menée lors de la célébration du 80ᵉ anniversaire des Nations Unies dans un marché de Lomé avait déjà démontré la pertinence du modèle » a rappelé Xavier R Sire.
Chaque crèche pourra accueillir jusqu’à une centaine d’enfants.
Alice Lawson


















