Des Togolais sont descendus dans les rues les 5 et 6 juin 2025 pour crier leur ras-le-bol, dénonçant la mal gouvernance, la cherté de la vie. Dans plusieurs quartiers de la capitale, des mouvements de foule ont été observés, soldés par quelques échauffourées et des arrestations. Echo de ces manifestations dans la capitale.
Cela fait plusieurs années que des manifestations de telle ampleur n’ont pas eu lieu au Togo. Dans la nuit du 5 au 6 juin, à travers les artères, des concerts de klaxons et de casseroles pour dénoncer pêle-mêle l’arrestation de l’artiste Aamron, la mal gouvernance, la hausse des prix de l’électricité et partant la vie chère. Cette manifestation à laquelle ont appelé plusieurs activistes, blogueurs, artistes et bien d’autres voix se voulait être une expression de désapprobation de la gouvernance et de dénonciation des diverses formes d’abus et d’atteinte à la liberté d’exprimer les ressentis.
Les bruits de casseroles annonçaient la journée du 6 juin pour des manifestations de contestation du régime de Faure Gnassingbé. Longtemps restés, pour la majorité, en marge des appels à manifestations notamment politiques, les manifestants ont réclamé leur engagement délibéré à exprimer leur ras-le-bol.
Une manifestation sans couleur

La journée a été mouvementée dans la capitale et dans sa banlieue où quelques quartiers ont été le théâtre de course-poursuite entre manifestants et corps habillés. Au Carrefour GTA, à quelques pas de la présidence ; Adidogomé ou encore Adakpamé, des jets de gaz lacrymogènes ont été utilisés pour disperser les quelques manifestants qui ont bravé la rue.
Ces manifestations ont la particularité de ne pas être initiées par des partis politiques mais par un conglomérat de Togo résident ou de la diaspora. Les manifestations de contestations publiques dans les rues ont été ces dernières années régulièrement interdites au Togo. Celles des 5 et 6 n’avaient pas eu d’interlocuteurs officiellement désignés. Elles avaient pour but, à entendre les manifestants, de dénoncer une crispation sociopolitique et économique qui semble se généraliser dans le pays. Autre particularité des manifestations des 5 et 6 juin, elles se sont déroulées dans une ville où, parallèlement, la vie se poursuivait. En matinée, les prières de la Tabaski se sont déroulées aux lieux habituels. Entre courses-poursuite FDS et manifestants, il y avait aussi une partie de la population qui vaquait à ses occupations. Des faits qui ont été jusqu’ici rares au Togo.


















