Quatre mouvements politiques togolais ont signé une déclaration commune pour dénoncer le projet d’augmentation des prix du carburant, quelques heures seulement avant la confirmation de ce qui était devenue une rumeur persistante. Derrière la polémique, une bataille de narratif entre un gouvernement qui justifie et une opposition qui contre-attaque.
DMK-Originale, DMP, LDP et « Touche Pas À Ma Constitution ». Voilà les quatre regroupements des partis d’opposition et des organisations de la société civile qui ont choisi d’unir leurs voix dans un communiqué commun pour tirer la sonnette d’alarme. Leur cible : le projet d’augmentation des prix du carburant que le gouvernement de Faure Gnassingbé, précédé d’une campagne de sensibilisation jugée pour le moins « malvenue ».
« Ce n’est pas la sensibilisation qui évitera aux Togolais de souffrir », tranchent les signataires, qui voient dans cette communication officielle une tentative de faire avaler la pilule avant de l’administrer. La pilule, selon eux, serait amère : une hausse du carburant qui déclencherait mécaniquement une « augmentation générale des prix des produits de consommation », dans un pays où la vie chère écrase déjà les ménages les plus vulnérables.
Ce qui irrite le plus, c’est l’argument géopolitique avancé par Lomé. Le gouvernement aurait évoqué la guerre au Moyen-Orient comme cause principale de cette décision. Les signataires réfutent « vigoureusement ce prétexte » : selon eux, la hausse aurait été décidée « depuis la fin de l’année dernière, alors que la guerre au Moyen-Orient n’a débuté qu’en février dernier ». Une chronologie qui, si elle est exacte, fragilise considérablement la justification officielle.
L’opposition ne se contente pas de dénoncer. Elle propose. Lutter contre « la corruption généralisée », mettre fin à « l’énorme fuite des capitaux » et gérer les entreprises d’État avec rigueur. Autant de leviers que le gouvernement disposerait, selon elle, pour renflouer les caisses sans ponctionner davantage le portefeuille des citoyens.
L’appel final est sans ambiguïté. Les signataires invitent syndicats de transporteurs, organisations de conducteurs et associations de consommateurs à ne « pas se laisser berner ». Et concluent avec une formule qui sonne comme un appel à la conscience collective : « Un peuple qui reste silencieux devant l’injustice est complice de sa propre servitude. »
Mardi soir, le gouvernement togolais a effectivement annoncé l’augmentation des produits pétroliers, dans un contexte de morosité économique accrue dans le pays.


















