Réseaux sociaux
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En France, les enfants de moins de 15 ans pourraient être interdits d’accès aux réseaux sociaux. L’Assemblée nationale française a voté Oui à cette mesure en votant la loi T.A n°217 ce 26 janvier 2026. Le Sénat devra désormais s’y planché avant sa promulgation et sa mise en vigueur.

L’interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans en France a été actée par l’Assemblée nationale. Il s’agit, selon l’institution, de « protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux Sur ces réseaux sociaux, le président de la République française affirme que c’est « au Sénat maintenant de poursuivre ce travail constructif.» Emmanuel Macron soutient que « c’est ce que demandent massivement les Français. »

Enquêtes

Durant six mois, une commission d’enquêtes mise en place par l’Assemblée nationale sur les effets de TikTok sur les enfants a permis de recueillir des témoignages de plus de 31 mille écoliers, collégiens, lycéens, parents, professeurs et citoyens. 178 sociologues, médecins, psychologues, informaticiens et créateurs de contenus ont été auditionnés pour plus de 90 heures de travail.

Selon l’Assemblée nationale française, « ce travail a permis d’établir un constat clair : de trop nombreux réseaux sociaux ont des effets dévastateurs sur la santé des mineurs, et les mesures mises en œuvre pour y remédier sont très loin d’être à la hauteur de l’urgence. »

Urgence…

L’interdiction des mineurs aux réseaux sociaux doit être mise en application dès la rentrée prochaine en France. A cet effet, le gouvernement a été instruit d’activer la procédure accélérée, confirme le président français, Emmanuel Macron. « Parce que le cerveau de nos enfants n’est pas à vendre. Ni aux plateformes américaines, ni aux réseaux chinois », argumente-t-il.

Manipulation des algorithmes, anxiété, harcèlement, suicide, les maux que subissent les mineurs et adolescents sur les réseaux sociaux sont dramatiques dans bien de cas.

A la lumière des données…

Le régulateur français de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) estime à 48 % le taux d’adolescents « régulièrement exposés à des contenus choquants sur les réseaux sociaux, dont 24 % à des contenus relatifs aux troubles alimentaires, 19 % à de la pornographie et 16 % à des contenus relatifs au suicide et à l’automutilation.» Ces données sont reprises par la Commission de loi de l’Assemblée nationale française qui explique que « loin d’être une exception, le visionnage de ce type de contenus peut constituer une routine pour des adolescents entraînés dans des « spirales » de contenus favorisant les pensées et comportements suicidaires. »

De son côté, l’association e‑Enfance/3018 relève que « 46 % des enfants sont équipés d’un smartphone avant leurs 10 ans. » Selon elle, cet usage précoce du smartphone entraîne une dépendance à l’outil numérique. « 24 % des jeunes disposant d’un smartphone ne « tiendraient pas » plus d’une heure sans le smartphone », note l’association avant d’ajouter que « cette proportion s’élève à 28 % parmi les lycéens et à 22 % à l’école primaire. » Selon e‑Enfance/3018, même si les CGU (Conditions générales d’utilisation) mentionnent l’interdiction avant 13 ans, 67 % des élèves de primaire sont pourtant inscrits sur les réseaux sociaux. Chez leurs aînés, la non-inscription sur les réseaux sociaux est, de loin, l’exception – seuls 7 % des collégiens et 4 % des lycéens n’ont pas encore créé de compte », signale-t-elle.

Naturellement, la mesure n’est pas du goût de tous les Français, y compris à l’Assemblée nationale et fait l’objet de critiques sur les réseaux sociaux. Sur son compte X, Louis Boyard évoque « 6h30 de débats jugés peu pour un texte de cette importance ». Le député du Val-de-Marne issu de la France Insoumise espère que « le débat public sera plus éclairé que le débat à l’Assemblée », arguant que le sujet a été expédié.

Dispositions européennes

Le Parlement européen, dans un rapport adopté le 26 novembre 2025, a recommandé de fixer à 16 ans l’âge minimum d’accès aux réseaux sociaux dans l’UE. Sa présidente, Ursula von der Leyen, avait dénoncé l’accès illimité des enfants aux médias sociaux. La mesure prévoit toutefois un accès avec l’accord parental.

Plusieurs pays européens comme le Danemark, la Norvège, l’Italie, l’Espagne et la Grève travaillent à mettre en place des mécanismes fixant un âge minimal d’accès aux réseaux sociaux. Mais déjà, l’Australie a pour sa part interdit l’accès à plusieurs réseaux sociaux aux moins de 16 ans depuis le 10 décembre 2025. Suite à cette mesure, 4,7 millions de comptes de mineurs ont été désactivés.

Pour la France, « inscrire un âge d’accès minimal dans la loi française relève d’une urgence : celle de permettre à de nouvelles générations de grandir à l’écart de contenus préjudiciables à leur santé mentale », soutient la Commission des lois de l’Assemblée nationale.

Carlos Tobias

 

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