Le nouveau code pénal adopté le 20 octobre au Burkina Faso rétablit la peine de mort pour plusieurs actes désormais incriminés. La relecture du code pénal, selon le gouvernement, se justifie par le contexte sécuritaire du pays. Les organisations de défense des droits humains crient au scandale.
Abolit en 2018, la peine de mort est réintroduite au Burkina Faso. Elle sera appliquée aux actes qualifiés de terrorisme, de trahison, d’espionnage, de parricide et bien d’autres qui entraîneraient la mort d’une tierce personne.
La décision intervient dans un contexte particulier où le régime militaire du pays doit lutter contre le terrorisme. Tout porte donc à croire que le retour à la peine de mort a été motivé par ce contexte. Le ministre de la justice du Burkina cité par l’Agence de l’information du pays, l’AIB, le confirme. « Nous avons constaté sur le terrain que ces terroristes recrutent en promettant aux candidats que, même s’ils venaient à être arrêtés en tant qu’auteurs ou complices d’actes de terrorisme, ils ne risquaient pas grand-chose de plus que la prison à vie », a déclaré le ministre Edasso Rodrigue Bayala au micro de l’aib. L’idée est de punir auteurs et complices.
Inquiétudes
A plusieurs reprises le régime burkinabè a été accusé d’exactions contre des civils ou des personnes soupçonnées de complicité avec des groupes terroristes. Le retour de la peine capitale pourrait aggraver les cas d’erreur judiciaire ou l’arbitraire, dénoncent des organisations internationales des droits humains.
« Un message effrayant pour les détracteurs de la junte dans un contexte de répression généralisée », écrit Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior sur le Sahel, sur le site web de Human Rigth Watch. « Le rétablissement de la peine de mort ne résoudra pas la crise sécuritaire que traverse le Burkina Faso. Dans un système déjà entaché de graves manquements aux garanties procédurales, la peine de mort ne fait qu’accroître le risque d’injustice irréversible », poursuit-elle.
En décembre 2025, à l’adoption du projet de loi, Amnesty International avait appelé les dirigeants du pays à ne pas franchir le pays. Un an après, la loi est votée à l’unanimité par l’Assemblée législative du peuple (ALP), un des organes mis en place par le régime militaire pour diriger le pays.

















