Si le taux de décrochage scolaire des filles ne cesse de grimper au Togo, c’est aussi à cause des violences et des discriminations qu’elles subissent en milieu scolaire. Comment leur redonner le goût des études tout en leur garantissant un environnement protecteur ? Tel est l’objectif de l’initiative Safe to Learn. Financé par le gouvernement canadien, ce projet est mis en œuvre par l’État togolais avec l’appui technique de l’UNICEF. La deuxième phase, désormais en vigueur au Togo, insuffle une nouvelle dynamique en mettant l’accent sur l’active implication des acteurs étatiques togolais, et la sensibilisation aux violences basées sur le genre (VBG) au niveau communautaire.
Un endroit sûr pour étudier pour les enfants
Évocateur par essence, le nom de cette initiative Safe to learn n’a pas été choisi au hasard. Il découle d’un diagnostic alarmant de l’écosystème scolaire mondial, et plus particulièrement togolais.
Entre les salles de classe et les cours de récréation, l’espace scolaire s’apparente trop souvent à une véritable jungle pour les enfants, et en premier lieu pour les jeunes filles. Ces dernières y subissent quotidiennement des violences et des discriminations de toutes sortes qui compromettent leur avenir.
C’est fort de ce constat que plusieurs organisations internationales spécialisées dans l’éducation, le social et l’humanitaire se sont fédérées. En étroite collaboration avec les États, elles œuvrent à la mise en place de politiques et de mesures concrètes pour assainir le milieu scolaire et garantir un environnement protecteur à chaque enfant.
Des actions auprès des politiques et décideurs pour plus d’impact
Projet mondial particulièrement innovant, Safe to Learn dépend toutefois de la volonté politique et de l’engagement des gouvernements pour se déployer pleinement.
Il appartient désormais aux États de concevoir et de mettre en œuvre les mécanismes indispensables pour protéger les enfants contre toutes les formes de violence.
Pour ce faire, l’initiative met à la disposition des décideurs des outils de diagnostic, d’analyse et de suivi afin de bâtir des systèmes éducatifs résilients et prometteurs. Ce soutien technique permet de garantir des espaces d’apprentissage sécurisés, notamment pour les filles.
Concrètement, cette dynamique passe par exemple par l’application de sanctions strictes à l’encontre des auteurs de violences, qu’ils soient élèves ou adultes. Ce qui permet d’instaurer ainsi une véritable politique de dissuasion au sein des établissements.
Promouvoir le droit des enfants
Au-delà des outils de diagnostic fournis aux décideurs, le projet déploie des efforts considérables pour vulgariser les textes juridiques protégeant les droits des enfants et des apprenants.
Safe to Learn plaide donc pour plus de sensibilisation de la part des Autorités compétentes afin de rendre les lois accessibles à tous les acteurs du système éducatif.
Ceci, en informant élèves, parents et enseignants sur leurs droits et devoirs. Cette initiative aidera à briser le silence, à renforcer la prévention et poser les bases d’une culture de tolérance zéro face aux violences scolaires.
Sensibilisation communautaire
Si les décideurs ont leur carte à jouer, le véritable défi se situe au niveau communautaire. Raison pour laquelle Safe to Learn mobilise les différentes parties prenantes autour d’une priorité absolue : la sensibilisation aux violences basées sur le genre (VBG) en milieu scolaire.
Qu’il s’agisse des parents, des enseignants ou des défenseurs des droits de l’enfant, l’enjeu est de taille. Ces acteurs de terrain doivent désormais être capables de reconnaître les multiples visages que prend ce fléau afin d’agir et de réagir efficacement face à chaque situation.
A cet effet, les 30 et 31 juillet dernier, des consultants sont venus former à Lomé des jeunes créateurs de contenus, et des personnes engagées pour la défense des droits enfants.
L’éducation des filles est au cœur des priorités de l’Etat togolais avec ses partenaires. Des initiatives comme Safe to learn viennent contribuer énormément à la mise en place d’un système éducatif inclusif, fort et résilient pour les enfants en particulier les jeunes filles.


















