autodéfense

A la veille d’un appel à manifester du mouvement du 6 juin (M66) le 30 août dernier, un groupe d’autodéfense dénommé les « Sentinelles du peuple » a affirmé vouloir se tenir aux côtés des forces de sécurité (FDS) « pour assurer la sécurité du Togo ». Face à cette situation, un groupe de citoyens interpelle, dans une lettre ouverte, trois ministres. Dans leur correspondance rendue publique ce 1er septembre 2025, ces Togolais exigent des autorités togolaises des clarifications sur l’initiative.

Depuis juin dernier, le Togo est secoué par des manifestations politiques, pour protester notamment contre la vie chère, la restriction des libertés, la mauvaise gouvernance et le régime de Faure Gnassingbé. Rejoint par le rappeur Aamron, Adjamagbo-Johnson (présidente du parti politique CDPA), Marguerite Essossinam Gnassingbé (ex-ministre des Armées) et des organisations de la société civile, le M66 composé d’artistes et d’activistes a appelé, une nouvelle fois, à une marche pacifique sur les trottoirs le 30 août dernier.

C’est suite à ces appels qu’un groupe composé de plusieurs civils, se nommant « les sentinelles du peuple » s’est constitué. Il se réclamait être un groupe d’autodéfense et se donnait pour objectif d’assurer la sécurité dans les quartiers. 

Dans ce contexte trouble, un groupe de plusieurs personnes de la société civile a conjointement signé une lettre ouverte à l’intention des ministres de la Sécurité, de l’administration territoriale et de la justice «pour plus d’éclaircissement sur le mouvement les  Sentinelles du peuple. »

« Dans un contexte où la sécurité nationale et la défense constituent des prérogatives strictement réglementaires de l’État, nous appelons à votre haute bienveillance pour apporter à la population une clarification transparente et apaisante à ce propos », ont interpellé les six personnes signataires de la lettre ouverte. 

Les signataires Aphtal CISSE, Adama GABA, Alain ANIFRANI , Komlan TOULASSI-MENSAH, Edem Atsou TCHAKOU et Aristide MESSAN s’interrogent sur le cadre légal applicable, sur la nature juridique du mouvement « Sentinelles du peuple », sur leurs objectifs et leur mode d’action. De plus, ils demandent des explications en ce qui concerne la corrélation entre le mouvement et les forces officielles de défense et de sécurité, ce groupuscule s’étant affirmé publiquement. 

« En démocratie, la participation citoyenne est essentielle. Cependant, la sécurité nationale et la défense du territoire demeurent des missions qui requièrent de la légitimité, les structures et les moyens de l’État », ont-ils relevé. Même si ceux-ci reconnaissent que l’initiative est animée de bonnes intentions, ils estiment que cela ne doit pas créer de confusion institutionnelle ou compromettre l’efficacité du dispositif officiel. 

Le groupe signataire de la lettre dit être attaché à l’ordre constitutionnel et à la paix. Et donc, il invite les autorités concernées à se prononcer officiellement sur cette affaire. Les questions que se posent ces citoyens qui interpellent les trois ministres concernent la nature, les objectifs et les capacités d’action des Sentinelles du peuple, les garanties de la compatibilité de leurs actions avec l’action de l’État. Au Togo, des civils peuvent-ils réellement se déclarer « groupes d’autodéfense et déclarer vouloir agir aux côtés des forces de l’ordre et de sécurité? » La pertinence de cette interpellation réside dans le fait que lors des dernières manifestations politiques de juin, des images ont circulé sur le web avec des individus accusés d’être des miliciens. Ce que le gouvernement avait réfuté.

Les auteurs de la lettre ouverte insistent sur la nécessité pour l’Etat togolais d’« encadrer », de « contrôler » et, si nécessaire, de « réguler » toute initiative privée prétendant intervenir dans le champ de la sécurité nationale.

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