Lomé, Manifestations du 26 juin
A Amoutiévé, à quelques centaines de mètres de la Colombe de la Paix, les riverains observant de loin les FDS qui repoussaient les tentatives de regroupement

Après trois jours de manifestations interdites par les dirigeants togolais, un communiqué du gouvernement fait le point. Il condamne les manifestations, parle de manipulations et félicite les forces de l’ordre pour le maintien de l’ordre. De jeudi à samedi, plusieurs coins de Lomé étaient le théâtre de manifestations émaillées de violences.

Le communiqué attribué au gouvernement est sans appel. Il incrimine les manifestations et les initiateurs et annonce des poursuites contre ces derniers. Le communiqué parle de « manipulation, de diffusion de fausses informations et images parfois générées par l’intelligence artificielle ou importées de contextes sans aucun rapport avec le Togo. » Selon le texte qui circulent sur les réseaux sociaux, l’objectif est de « semer le trouble et à perturber la vie socioéconomique du pays et à déstabiliser les institutions établies.»

Durant ces trois jours de manifestations, certains comptes sur les réseaux sociaux ont, en effet, fait circuler des images du Kenya (où se déroulent également de vives manifestations des derniers jours). Cependant, plusieurs images sur la situation dans la capitale togolaise sont réelles, filmées par les manifestants, les populations, quelques fois en live, et par des médias.

Le communiqué publié samedi indique que « le peuple togolais a répondu avec calme et responsabilité, poursuivant ses activités quotidiennes sur l’ensemble du territoire national, dans un esprit de maturité et de paix.» Cette déclaration est aussi vraie. Car, plusieurs régions du pays n’ont connu aucune manifestation et son restées calmes. Même à Lomé, plusieurs quartiers étaient restés en marge des manifestations où aucun manifestant n’a été présent dans les rues. Toutefois, le plus grand marché du pays, le Grand Marché de Lomé est resté vide depuis jeudi 26, début des manifestations. Dans certains quartiers même calme, plusieurs commerces sont restés fermés. Signe d’un climat de peur vis-à-vis des événements en cours dans la capitale.

Le gouvernement « félicite les forces de sécurité pour leur professionnalisme et leur sens de responsabilité », lit-on dans le texte. Mais, sur des images qui ont glacé le sang de l’opinion, on pouvait voir des actes de bastonnades, quelquefois de femmes, des blessés et des passages à tabac de personnes souvent seules aux mains de plusieurs corps habillés. Dans le communiqué, le gouvernement dit être attaché à l’Etat de droit, aux libertés fondamentales et au pluralisme des courants d’expression, « dans le strict respect du cadre légal et républicain. » Dans le pays, cela fait plusieurs années que l’opposition togolaise dénonce ce cadre légal jugé hostile aux manifestations. Plusieurs partis politiques, organisations de la société civile ont régulièrement vu leurs déclarations de manifestation interdites. En septembre 2024, une réunion privée d’un parti politique auquel participait le député sénégalais Guy Sagna a été attaquée par des individus en civil, provoquant à l’époque de vives indignations. Les auteurs n’ont jamais été retrouvés.

C’est donc un secret de polichinelle. La tension politique est réelle depuis plusieurs mois au Togo. Les manifestations des 26, 27 et 28 juin ont été émaillées de violences et n’ont pas été maîtrisées totalement de manière conventionnelle. Dans certains quartiers, des témoignages à visage découvert font état de blessés et d’introduction de forces de sécurité dans des domiciles. Plusieurs personnes sont arrêtées comme le souligne le communiqué.

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