La pandémie au Covid-19 n’a pas eu que des effets sanitaires. Au-delà de provoquer un drame humain, le Coronavirus dévaste aussi l’ordre économique mondial. Aucun pays n’est épargné, tant les économies sont interdépendantes. Mais une chose est sûre, les effets économiques de cette crise seront ressentis davantage par les économies déjà en difficulté. Et le Togo n’est pas à l’abri. Mais comment le pays peut-il se relever et se relancer?
Il serait une grande illusion de croire que la pandémie dont on ne connaît même pas encore la fin probable, n’aura aucun incident sur la vie socioéconomique. Le 1er avril, dans son discours à la nation, le président de la République l’a évoqué.
Dans un souci d’anticiper cette autre crise, chaque pays joue les cartes dont il dispose. Les mesures d’accompagnement sociales annoncées ici et là ont vocation à amortir le choc. Mais à quel degré ? En prenant en charge par exemple, pour trois mois, la part sociale sur les consommations d’eau et d’électricité ; et en décidant d’allouer des revenus universels de solidarité à certaines catégories jugées vulnérables, l’Etat togolais annonce débourser, pour la seule opération d’électricité, 1.700.000.000 francs CFA. Ce n’est qu’une estimation, car la lutte contre la pandémie engloutit déjà des centaines de millions (prévention, prise en charge, mesures d’accompagnement etc…). Au Togo, le fond de solidarité lui-même est estimé à 400 milliards.
Comment ne pas donc craindre le pire pour une économie togolaise qui, quand bien même en décollage avant la crise, reste encore fragile. Essentiellement tirée par le secteur privé, particulièrement par le secteur informel, elle subira les conséquences de cette crise d’une manière ou d’une autre.
Trois piliers pour se relancer
Face à ces questionnements, le Togo devra donc faire preuve d’ingéniosité. Capitaliser sur ses forces pour se relancer et ne pas tomber dans le piège de la victimisation. D’abord, l’agriculture ! Il sera urgent de relancer la production agricole, en repensant ou en intensifiant les investissements dans ce secteur qui emploie plus de 60% de la population togolaise. Ce sera peut-être l’occasion de faire une réelle promotion de la consommation locale, au-delà de l’agriculture bien sûr, afin de redonner du souffle à l’économie de base qui n’est que le point de départ de l’ensemble des tissus économiques. Ce faisant, l’on stimulera la consommation aujourd’hui sérieusement impactée.
Ensuite, le secteur touristique pourra être une chance. Même s’il ne pourra pas participer de sitôt à la relance, parce que les déplacements vont certainement être minutieusement pensés après la pandémie, les indices du secteur étant bien au vert avant la crise, le tourisme peut être une voie de sortie. Ainsi donc, mettre l’accent sur le tourisme d’affaire aura un double impact. Il permettra au secteur de redémarrer mais aussi de mettre les projecteurs une fois encore sur le pays.
Enfin, le Togo a l’impératif devoir de repenser une véritable stratégie des investissements socioéconomiques. Avec le Covid-19, la certitude ou l’évidence, c’est que les plus pauvres sont les plus touchés. Ce d’ailleurs pourquoi l’on parle de mesures d’accompagnement. Il serait donc une fatalité de rompre cette solidarité une fois la crise terminée. Le gouvernement togolais en est conscient. Les programmes sociaux seront plutôt appelés à être renforcés…
L’impératif d’une discipline collective
Les impératifs de la relance socioéconomique induisent de trouver des ressources. Ce n’est peut-être pas le plus dur ? Peut-être ! A la reprise, le port autonome de Lomé par exemple pourrait être ‘’oxygéné’’ par la reprise des activités pour vite redevenir le poumon de l’économie, tout comme les télécoms, les mines etc… En effet, avec la reprise des exportations et pourquoi pas la mise en œuvre des projets miniers en cours avant la crise (avec le milliardaire Dangoté, l’on peut dire qu’il y a une lueur d’espoir. A cela s’ajoutera sans nul doute la solidarité internationale. D’ores et déjà le débat sur la dette africaine est lancé. Au pire des cas, le moratoire de payement pourrait, si l’occasion est bien gérée, permettre de renflouer les caisses des Etats endettés et donc du Togo aussi. De quoi permettre de soutenir l’économie nationale éprouvée.
Cependant pour gagner la bataille d’après-guerre, chaque pays devra s’imposer une discipline à tous les niveaux. Au Togo, cette discipline devra être collective. Elle passera par l’abnégation au travail et au sérieux dans la gestion d’après crise. Tous, nous seront sans nul doute appelées à participer à cette relance, chacun à son niveau. L’Etat de son côté devra jouer un rôle régalien de régulation, de contrôle mais aussi de sanction contre les actes supposés nuire au bien-être commun.
Engagement citoyen, solidarité national, travail ardu…voilà alors les maîtres mots qui devront rythmer notre quotidien à la fin de la pandémie au Covid-19 pour un retour progressif à la stabilité socioéconomique.















