
Billet de Ben SOULEYMAN
En se rendant dans la Kozah, on sait qu’on s’y rend pour vivre d’intenses moments d’émotions, autour des arènes où de vaillants lutteurs ne se font aucun cadeau. On sait qu’on y vivra une rivalité sans pitié entre voisin de cantons… avec les plus faibles terrassés sans ménagement. Et comme au football, on pourrait même accompagner de gestes presque inconscients, les lutteurs qui se terrassent dans un bruit assourdissant, aussi entretenus par des hués… Mais en dehors des arènes, il y a bien une autre rivalité dont la fougue est une démonstration élogieuse de la culture Kabyè.
Les luttes Evala dans la Kozah ne sont pas que des démonstrations de forces physiques, de tactiques ou de malice… Elles ne consistent pas seulement à bander les muscles, terrasser si ‘’férocement’’ son adversaire, prouver sa virilité et arracher l’admiration du public. Mieux, les luttes ne visent pas que le respect et la vénération de ses congénères, et, éventuellement pour se mettre en pôle position de conquête de ces si frêles créatures rôdant autour des arènes, quelques fois dans des tenues proches de celle d’Eve…-celles là aussi se préparent ainsi à leur rites, Akpéma-.
Aller dans la Kozah pour vivre les Evala et se concentrer rien que sur les arènes (pour ceux qui ne sont pas des natifs du milieu et qui sont en tourisme ou qui s’y rendent pour d’autres raisons), c’est gâcher une belle occasion de se nourrir aux sources d’une culture qui ne lésine sur rien pour exhiber ses richesses portées par ses filles et fils, ses garants…

A Evala, la rivalité, c’est aussi en dehors des arènes. Ces accoutrements qui vous interpellent, hostiles quelques fois, mais imposants et forçant votre admiration. Chaque canton avec sa vague de ‘’porte-flambeau’’. Impérativement, vous marquerez des arrêts devant certains. Eux, pour la plupart, sont des « Agola », motivateurs des jeunes lutteurs. Castagnettes, vêtus de peaux de bêtes, chapeau montés de cornes, amulettes… leurs parures vous disent tout sur l’histoire d’une civilisation aussi ancienne que celle de toute une nation… Ces ambassadeurs culturels sont peu soucieux de qui vous êtes, d’où vous venez et de ce que vous pensez d’eux ! Ils sont des ambassadeurs de leur culture. Leur rôle, c’est de vous amener à comprendre et à accepter qu’ils font partie d’une communauté et que sans eux, une pente de l’histoire des Kabyè s’effacerait…Leur mission, ils la réussisse si bien que vous n’hésiterez jamais à dégainer votre appareil photo, histoire d’immortaliser votre passage dans la Kozah et, devenir à votre tour, ambassadeur de cette culture qui fait la fierté de toute une région, de tout un peuple, le Togo !



















