Le ministère de la culture et des loisirs a adressé mardi une lettre aux directeurs régionaux de la culture. Le ministre Kossivi Egbetonyo les informait d’un programme d’accompagnement des acteurs culturels pour une « reconversion professionnelle ». La lettre qui portait en objet « actions en faveurs des acteurs culturels pendant la pandémie du coronavirus » est mal passée dans l’opinion. Depuis mardi, plusieurs acteurs culturels s’indignent de la démarche. Ce qui a obligé le ministère à faire ce mercredi une mise au point sur l’initiative.
Dans sa sortie, le ministère de la culture et des loisirs précise qu’il s’agit d’une « reconversion temporaire des acteurs culturels » dont un plan de financement est en cours d’étude. Le ministère dirigé par Kossivi Egbetonyo dit avoir fait des études sur l’impact de la pandémie de la Covid-19 sur les activités culturelles. D’où une mesure d’accompagnement pour la diversification des sources de revenus des acteurs du secteur.
Le courrier destiné aux directeurs régionaux de la culture avait pour but d’amener ces derniers à organiser les acteurs culturels désireux de se lancer dans d’autres projets parallèles, le temps de la crise, soutient le ministère. L’adhésion au plan de financement d’activités alternatives génératrices de revenus proposé reste « tout à fait volontaire », précise-t-on au ministère.
Reconversion, le terme du différend…
Pour le ministère, les critiques suscitées par cette initiative semblent incompréhensibles. Les acteurs culturels ont reçu la nouvelle comme « une insulte à leur secteur ». Non, rétorque les services du ministère qui déplorent cette polémique. Aussi, précisent-t-il que « l’initiative a été hautement appréciée par ceux d’entre les artistes conscients de la nécessité d’avoir une activité alternative, la survenue de la pandémie nous enseignant qu’autant que faire se peut, il faudrait diversifier nos sources de revenus. »
Et de rassurer que des pistes de solutions sont toujours en étude pour un meilleur accompagnement du secteur de la culture. Il ne s’agirait donc pas d’appeller les acteurs culturels à se tourner vers les 30 mille du FNFI en abandonnant leurs activités principales d’artistes.
L’annonce qui a suscité les mécontentements appelait les directeurs régionaux de la culture à informer les acteurs de leurs ressorts de la possibilité de se faire accompagner par le fonds national de la finance inclusive (FNFI) dans une éventuelle reconversion. Une reconversion comprise donc comme un appel à abandonner les professions culturelles. Plusieurs acteurs culturels, artistes, promoteurs culturels y ont vu une mesure insatisfaisante.
La note du ministre de la culture et des loisirs fait également état d’une formation pour accompagner les acteurs. Le challenge reste donc à mieux expliquer l’idée et à convaincre les acteurs de sa pertinence. Selon les explications, l’appel lancé pourrait concerner même des projets culturels adaptés à la situation de crise. Mieux, une consultation aurait été menée dans le secteur demandant à certains acteurs culturels de proposer des pistes de solutions. Bref, le ministère de la culture et des loisirs va devoir faire un travail de pédagogie de terrain pour redonner confiance à ses partenaires que sont les acteurs culturels.
Ben Souleyman















