Guinée
le président intérimaire, Mamadi Doumbouya , lors du retrait de sa carte d'électeur

Les Guinéens se prononceront, dimanche 21 septembre 2025, par voie référendaire, sur une nouvelle constitution. Si elle est adoptée, elle permettrait au président par intérim Mamadi Doumbouya de se présenter aux prochaines élections du pays. Une procédure contre laquelle l’opposition guinéenne se dresse et appelle au boycott du référendum. 

La campagne pour le référendum en République de la Guinée s’est achevée le mercredi 17 septembre. Les Guinéens votent pour une nouvelle constitution dimanche 21 septembre 2025. Une constitution que l’opposition conteste déjà. 

En effet, selon la charte de transition adoptée après le coup d’État de septembre 2021, aucun membre de la transition n’était habilité à se présenter à une quelconque élection. Elle stipulait à son article 65 du chapitre IV portant sur le conseil national de la transition : « Les membres du Conseil National de la Transition ne peuvent faire acte de candidature ni aux élections locales, ni aux élections nationales qui seront organisées pour marquer la fin de la Transition ».

Si la nouvelle constitution est adoptée, elle sautera ce verrou. De plus, elle devrait prolonger le mandat présidentiel de 5 à 7 ans renouvelable une fois. Elle prévoit la création d’un Sénat et le président pourrait nommer directement un tiers des membres tandis que les conseillers municipaux et régionaux n’auront qu’à nommer les deux tiers. L’opposition guinéenne y voit ce qui s’apparente à une manœuvre de Mamadi Doumbouya pour se présenter à la prochaine élection présidentielle. 

Appel au boycott 

Si bien que le président guinéen Mamadi Doumbouya n’a pas encore dévoilé ses projets de prise de pouvoir, l’opposition conteste le référendum à venir. Dans un long message publié mercredi sur sa page Facebook, le président déchu Alpha Condé « appelle l’ensemble du peuple de la Guinée à ne pas se laisser abuser par le prétendu référendum constitutionnel annoncé par ce pouvoir illégal »

Il déclare : « Cette mascarade ne vous concerne ni de près ni de loin. C’est pourquoi, le 21 septembre prochain, chacun reste chez soi ». Pour lui, cet acte de désobéissance du peuple guinéen révélera aux yeux du monde la prise en otage de la Guinée depuis septembre 2021 suite au coup d’État. 

De son côté, l’opposant en exil, président de l’UFDG (Union des forces démocratiques de Guinée), Cellou Dalein Diallo, a publié un message sur Facebook dans des vidéos enregistrées dans trois langues (français, soussou et pular) pour appeler à boycotter le référendum. Pour lui, prendre part à ce vote, « serait légitimer un coup d’État ».

« Nous invitons tous les militants de l’UFDG, tous les Guinéens épris de démocratie et de liberté à rester chez eux le 21 septembre prochain et donc de s’abstenir de voter », a-t-il déclaré. 

Pour rappel, après le référendum, l’élection présidentielle pour désigner un président démocratiquement élu est prévue pour décembre 2025.

 

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