monétique
Minayegnan Coulibaly, directeur général du GIM-UEMOA

Faire de la monétique un atout majeur de l’inclusion financière, surtout dans les zones rurales, c’est l’une des préoccupations au cœur du Salon monétique national du Togo (Samonat 2025), à Lomé. L’événement qui réunit banques, établissements financiers décideurs, exposants et experts de la monétique se veut un espace de discussion permettant de relever les défis et de proposer des solutions concrètes pour accélérer l’adoption de la monétique dans l’espace UEMOA.

Lomé a accueilli les 20 et 21 novembre 2025 la première édition du salon de la monétique. Le salon réunissait des acteurs du secteur financier venus des huit pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) en vue d’échanger sur les stratégies à adopter pour accélérer la digitalisation et favoriser l’accès aux transactions électroniques. Il était question d’inciter les institutions financières à digitaliser leurs services, permettant aux usagers de passer d’une monétique de retrait à une monétique de transaction, même dans les milieux reculés.

« La monétique, par sa capacité à rapprocher les services financiers des populations, à fluidifier les payements et à sécuriser les transactions, constitue un levier stratégique que les banques et les établissements financiers doivent pleinement intégrer dans leurs modèles », a expliqué le président de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Togo, Guy Martial Awona, dans son allocution d’ouverture du Samonat 2025.

Pour lui, l’inclusion financière s’impose aujourd’hui comme étant un impératif de développement économique et social dans tous les pays de la sous-région. Le Samonat 2025 nourrit donc l’ambition de rendre l’accès aux services financiers plus simple, plus sécurisé et plus inclusif pour les populations, y compris celles vivant dans les zones reculées.

Pourtant, derrière cette ambition de placer la monétique au cœur des services financiers, de nombreux obstacles persistent. Car même si les décideurs politiques, les banques et les établissements financiers comptent sur l’opportunité qu’offrent les innovations technologiques pour renforcer l’inclusion financière dans l’espace UEMOA, le manque de culture numérique reste l’un des freins majeurs à surmonter.

Les défis que surmonte la monétique

« En zone rurale, les gens n’ont pas cette capacité nécessaire pour se familiariser très vite avec la monétique qui exige la culture du numérique », a d’abord souligné Valère Keglo, DG à Fucec-Togo. Pour lui, la première plus grande problématique à laquelle se heurte la monétique est l’inculture numérique. Il pointe également du doigt la question de confiance.

« Quelqu’un qui n’a pas un niveau élevé d’alphabétisation, qui a souffert pour avoir son argent, quand on lui dit qu’on va lui envoyer l’argent par voie électronique, ce n’est pas évident qu’il accepte aussi facilement », a-t-il constaté.

Toujours à ce niveau, Kokou Gabiam, directeur général à la Cocec, énumère quatre défis majeurs qui empiètent sur les efforts de digitalisation du secteur financier. Il s’agit entre autres des difficultés sur le plan réglementaire, organisationnel qui concernent les dispositions légales et les ressources humaines qualifiées, le manque de stratégie ainsi que le manque d’équipements qui ont trait à la vision et aux outils de digitalisation.

« Quand on parle d’inclusion financière, ce n’est pas seulement Lomé. Il y a des zones par exemple qui n’ont pas internet où c’est très difficile d’avoir la connexion en permanence, or on ne peut pas aller vers ce schéma sans avoir ces outils », estime Kokou Gabiam.

Quelles solutions adaptées ?

Néanmoins, face à ces défis, il existe des solutions. Selon Kokou Gabiam, directeur général à Cocec, la résolution des différents problèmes de la monétique commence déjà par des rencontres de partage et des formations afin d’accompagner efficacement le processus de digitalisation au sein des institutions financières et établissements financiers.

« Les institutions doivent savoir que seul on ne peut pas y aller même si certaines parviennent à le faire. Pour pouvoir offrir des services de qualité, il faut un accompagnement, une mutualisation des coûts dans le but de permettre aux populations, surtout dans les zones très reculées, de bénéficier des services de monétique », explique le DG de Cocec.

Pour lui, la démocratisation de la monétique exige que les politiques publiques ainsi que les grandes institutions financières puissent se mettre ensemble. Elles doivent s’impliquer davantage dans la mutualisation des coûts en vue de permettre à toutes les couches sociales de s’aligner sur la monétique.

Organisé par le Comité national monétique du Togo (CMN), avec l’appui de l’Afpbef-Togo et du Gim-Uemoa (Groupement interbancaire monétique de l’UEMOA), le Salon monétique national réunit pendant deux jours les acteurs du secteur. Ils discutent, échangent et proposent des solutions pour faire de la monétique un outil simple, accessible et adopté par les populations.

Julien TCHOUTE

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